Cahier économique N°116 - page 34

Rapport Travail et Cohésion sociale 2013
Cahier économique 116
34
Graphique 30: Taux de variation de l’emploi
intérieur et du PIB au Luxembourg et dans la zone
euro, 2001-2013 (en%)
Sources : STATEC, EUROSTAT
N.B.: estimation pour 2013
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2013
Luxembourg
PIB
Emploi
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2009
2010
2011
2012
2013
Zone €
PIB
Emploi
En revanche, l’ajustement de l’emploi en temps de
crise semble retardé au Luxembourg. En effet, en 2001
par exemple, le taux de croissance du PIB avait
fortement chuté (en passant de 8.4% en 2000 à 2.5%
en 2001), alors que le taux d’emploi continuait de
croître pratiquement aumême rythme (5.6% en 2000
et 5.5% en 2001). On retrouve cette caractéristique en
2008. Le taux de croissance du PIB passe de 6.6% en
2007 à -0.7% en 2008, alors que le taux de croissance
de l’emploi augmentemême légèrement (de 4.5% en
2007 à 5.0% en 2008). En 2009, le PIB chute de plus
de 4% au Luxembourg, alors que la croissance de
l’emploi reste positive à+1.1%. Ces périodes de
ralentissement économique sont donc synonymes
d’une évolution très négative de la productivité au
Luxembourg.
Est-ce qu’on trouve une corrélation similaire entre
variation du PIB et variation de l’emploi pour
l’ensemble des pays européens ? A première vue, il
semble que non. En association le taux de croissance
moyen du PIB et le taux de croissance de l’emploi pour
tous les pays de l’UE-27 pris individuellement sur la
période 2001-2013, on trouve un coefficient de
corrélation nul (voir Graphique 31). Néanmoins, cette
présentation est trompeuse. Elle néglige le fait qu’il y
a un groupe de pays spécifique qui semble avoir des
caractéristiques diverses des autres pays. Il s’agit de
la plupart des nouveaux Etatsmembres de l’Est
européen qui sont (étaient jusqu’à la crise) en phase
de rattrapage et dont la croissance estmoins basée
sur la croissance de l’emploi que sur des gains de
productivité.
Il convient d’ajouter que, dans ces nouveaux Etats
membres, l’industrie a encore une place importante
dans le tissu économique, alors que dans les anciens
Etats membres (UE-15) qui ont atteint une certaine
maturité économique, l’industrie est supplantée
largement par les services. Or, dans l’industrie, les
gains de productivité sont plus importants que dans
les services.
Contrairement à l’UE-27, en limitant l’analyse aux
anciens Etats-membres (UE-15), on note bien une
corrélation forte entre l’évolution du PIB et l’emploi
sur la période 2001-2013. Le Luxembourg est un peu
excentré par rapport au peloton de l’UE-15, avec une
croissance importante du PIB, comme de l’emploi.
Néanmoins, on note que certains pays se situent en-
dessous de la droite de la régression, d’autres au-
dessus. Au Luxembourg, qui se situe largement au-
dessus de la droite de régression, la croissance du PIB
est relativement intensive en emplois, alors que, pour
les pays situés en-dessous de la droite de régression,
la productivité joue un rôle plus grand.
En focalisant l’analyse sur l’ensemble de la période
2001-2013, on coure le risque d’escamoter des
divergences entre deux périodes très distinctes du
point de vue économique, à savoir une période de
croissance économique et la période de crise
économique profonde récente. Pour les pays de l’UE-
27, on retrouve une corrélation trèsmodeste entre la
croissance de l’emploi et la croissance du PIB sur la
période 2001-2008. Pour les anciens Etatsmembres
(UE-15), la corrélation est forte. Sur les années 2001-
2008, parmi les pays de l’UE-15, le Luxembourg se
situe largement au-dessus de la droite de régression,
tout comme l’Espagne et l’Italie; ce qui confirme
l’intensité en emplois de la croissance
luxembourgeoise au cours de ces années.
Pour ce qui est de la période correspondant à la crise
économique (2009-2013), la corrélation, c’est-à-dire
le lien entre la variation du PIB et la variation de
l’emploi dans l’UE-27, devient plus forte que sur la
période antérieure (2001-2008). Dans l’UE-15, la
corrélation entre la variation de l’emploi et la
variation du PIB se situe à un niveau élevé pendant et
avant la crise.
Le Luxembourg se place toujours largement au-dessus
de la droite de régression sur la période 2009-2013.
Une croissance faible du PIB est accompagnée par une
croissance importante de l’emploi. L’ajustement de
l’emploi – qui croît toujours de 2% - à la faible
croissance du PIB (0.3% enmoyenne annuelle de
2009 à 2013) est doncmoins prononcé au
Luxembourg que dans les autres pays européens.
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