Rapport Travail et Cohésion sociale 2013
Cahier économique 116
264
Les inactifs ont plus de chances d’avoir participé aux
activités des organisations religieuses et de loisirs.
Logiquement, ils sontmoins actifs dans les
organisations professionnelles.
Les inactifs ne présentent toutefois pas de différence
significative par rapport aux personnes travaillant à
temps plein au niveau des activités culturelles.
60
Les personnes au revenu faible visitent moins
de sites culturels et de spectacles et lisent
moins des livres
Un niveau de revenu faible est souvent évoqué comme
barrière à la participation à la vie culturelle. Notre
analyse confirme en partie l’existence d’un tel effet lié
au revenu.
Ainsi par exemple, les chances d’avoir participé à au
moins un des quatre types d’activités culturelles
étudiés (spectacles, cinémas, sites culturels,
manifestations sportives) sont considérablement plus
élevées (de l’ordre du triple) pour les personnes
appartenant aux deux quintiles bénéficiant des
revenus les plus élevés, si on les compare au quintile
ayant les revenus les plus faibles.
Si on prend les quatre types d’activités culturelles
séparément, on constate que l’effet du revenu est
surtout significatif pour la visite de sites culturels et
de spectacles, alors qu’il estmoins important pour les
manifestations sportives et les cinémas.
Quant à la lecture: on voit que pour la lecture
régulière de journaux, le premier quintile estmoins
actif que les quatre autres, qui ne se distinguent pas
clairement entre eux. Par contre, la chance d’avoir lu
aumoins un livre à titre privé au cours de l’année est
– ceteris paribus – plus de trois fois plus grande pour
une personne appartenant au quintile de revenu le
plus élevé par rapport à une personne appartenant au
premier quintile de revenu.
60
La catégorie professionnelle (selon ISCO) a aussi été introduite
dans lemodèle de régression afin de tester son effet sur la
participation culturelle et sociale. Cette variable a été rejetée pour
la version finale, étant donnée qu’elle s’est avérée être non
significative dans la quasi-totalité des activités étudiées.
Exception: la participation aux activités des organisations
relieuses est significativement plus élevée chez les travailleurs
manuels peu qualifiés que chez les travailleurs intellectuels
qualifiés. Demême, le secteur d’activité n’a pas été retenu,
puisque pour la quasi-totalité des activités étudiées, il n’est pas un
facteur déterminant.
Au niveau de l’activité sociale, l’effet du revenu est
beaucoupmoins significatif. On peut constater que le
fait d’appartenir à la classe de revenus la plus élevée
augmente significativement la chance de participer
aux activités des organisations professionnelles et des
organisations caritatives, et ce par rapport aux
personnes appartenant au premier quintile. Il n’y a
toutefois pas de différence significative entre les
quatre premiers quintiles.
Les autres types d’activités sociales, comme la
participation aux activités des organisations de loisirs,
des partis politiques ou des organisations religieuses
sont totalement indépendants du niveau de revenu.
La formation des adultes va de pair avec
l’activité sociale
A côté de l’impact du niveau de formation initial
décrit plus haut, le lien éventuel entre d’un côté la
participation culturelle ou sociale et l’activité au
niveau de l’éducation des adultes de l’autre a été
analysé dans unmodèle alternatif. Il s’agissait de voir
si les personnes qui continuent à s’instruire à l’âge
adulte via la participation à des activités d’éducation
non formelle (cours du soir, séminaires, cours
particuliers, …) voire des activités d’apprentissage
informel (apprentissage autonome via la lecture de
livres ou des recherches sur internet p.ex.) sont plus
actives sur le plan culturel ou social que les personnes
qui ne participent pas à l’éducation des adultes.
Un lien positif a pu être constaté entre participation
sociale et formation continue des adultes, dans le sens
où les personnes ayant participé à l’éducation non
formelle ou informelle ont eu plus de chances d’avoir
également participé à des activités sociales que les
personnes n’ayant pas suivi de formation continue.
Pour les activités dans le domaine culturel, on a
constaté un lien entre certaines activités culturelles et
participation à l’éducation non formelle. Ainsi les
visites de spectacles, de sites culturels et de cinémas
sont effectivement plus répandues parmi les
personnes qui participent à l’éducation non formelle.
Un lien positif très fort a été constaté entre
apprentissage informel et lecture de livres, ce qui
paraît évident puisque cette dernière constitue un
moyen privilégié pour réaliser le premier.