Cahier économique N°116 - page 235

Rapport Travail et Cohésion sociale 2013
Cahier économique 116
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Graphique 281: Niveau de viemoyen et médian par ménage (EUR/mois), selon la nationalité de la
personne de référence, 2012
Source : STATEC
(en collaboration avec le CEPS/INSTEAD),
EU-SILC
3 566
3 275
3 219
2 949
3 476
2 114
2 999
3 376
2 824
2 479
3 195
1 928
0
500
1 000
1 500
2 000
2 500
3 000
3 500
4 000
Belge
Allemande
Française
Italienne
Luxembourgeoise
Portugaise
EUR/mois
Niveau de viemoyen
Niveau de viemédian
2.2 Pauvreté et exclusion sociale
Encadré: Qui est pauvre ?
La grandemajorité des pubications privilégient la
pauvretémonétaire se caractérisant par une
insuffisance de revenus par rapport à une certaine
norme. En réalité, la pauvreté est, sans doute,
multidimensionnelle, allant au-delà du simplemanque
de ressourcesmatérielles. Le sociologue Peter
Townsend place son analyse de la pauvreté dans le
cadre plus large des conditions d’existence ou des
privations. D’après lui une privation provient de
l’exclusion dumode de vie dominant déterminé par les
pratiques sociales. Cette exclusion peut concerner des
domaines aussi divers que l’alimentation,
l’habillement, l’habitat et l’environnement d’une
personne en général.
On ne peut cependant difficilement nier que des
ressourcesmatérielles insuffisantes constituent
souvent un indice de pauvreté.
Classer une population en pauvres et non pauvres
nécessite la fixation d’un seuil séparant ces deux
sous-populations. Comme le relèvent beaucoup de
spécialistes en lamatière, la définition d’un tel seuil
revête un caractère normatif dépassant les simples
considérations statistiques.
Pour appréhender l’importance du phénomène de la
pauvreté dans une société, deux étapes sont
nécessaires. Il faut tout d’abord semettre d’accord sur
la définition d’une norme sociale pour évaluer le seuil
de pauvreté. Vient ensuite l’estimation statistique du
seuil retenu.
Choisir un seuil de pauvreté
Dans la littérature théorique traitant de cette
question, on trouve deux grandes approches. La
première, associée souvent aux analyses du sociologue
Peter Townsendmentionné plus haut, insiste sur la
dimension relative de la pauvreté. L’économiste
Amartya Sen, quant à lui, met plutôt en avant son
caractère absolu
49
. Avec un seuil de pauvreté relatif,
on peut avec unmême revenu être pauvre dans une
certaine société ou à une certaine époque et ne plus
l’être dans un autre environnement social ou
historique. L’existence de certains besoins
fondamentaux que Sen appelle les « capabilities » fait
référence à un noyau absolu de la pauvreté.
L’opposition entre ces deux écoles est, en réalité,
moins tranchée qu’il n’y paraît puisquemême les
tenants de la pauvreté absolue admettent que la
satisfaction des besoins jugés fondamentaux peut
49
Le père de cette approche est Rowntree qui a publié des études
sur le sujet dans les années 1930
1...,225,226,227,228,229,230,231,232,233,234 236,237,238,239,240,241,242,243,244,245,...314
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