Rapport Travail et Cohésion sociale 2013
Cahier économique 116
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Si la dette desménages au Luxembourg est élevée en
valeur, son niveau ne nous dit rien en revanche sur le
poids qu’elle fait peser sur les finances desménages.
La raison est qu’il faut aussi prendre en compte le fait
que le niveau de vie desménages au Luxembourg est
plus élevé que dans les autres pays d’Europe. On ne
peut donc pas comparer lemontant de la dette des
ménages au Luxembourg avec celui, par exemple, en
Slovénie car lesménages dans ces deux pays ont des
niveaux de vie très différents. Pour tenir compte de
cela, une possibilité est d’exprimer la dette d’un
ménage par rapport à la valeur de l’ensemble des
actifs qu’il possède. Les actifs d’unménage incluent
son patrimoine financier, immobilier, professionnel, les
véhicules et les objets de valeur (bijoux, objets d’art…).
Pour le Luxembourg, la valeurmédiane de ce ratio est
de 18.2%, inférieur à celui de la France (18.9%) et de
l’Allemagne (28.4%). Il faut dire qu’enmoyenne les
actifs desménages au Luxembourg représentent un
montant très élevé (près 800 000 EUR parménage), en
raison notamment des prix élevés de l’immobilier au
Luxembourg.
La dette d’unménage peut aussi s’exprimer par
rapport à son revenu brut. Dans ce cas, le ratiomédian
pour le Luxembourg est de 86.9%. Ce chiffre est
supérieur à celui de l’Allemagne (37.3%), la France
(50.4%) et la Belgique (79.8%). Seuls l’Espagne
(113.5%), le Portugal (134%), Chypre (157%) et les
Pays-Bas (194.1%) affichent des ratios supérieurs. Un
troisième indicateur du fardeau de la dette est le
rapport entre le service de la dette (c’est à dire le
montant que lesménages doivent rembourser chaque
mois pour honorer leur dette – cemontant inclut à la
fois le remboursement du capital d’emprunt et les
intérêts) et le revenu brut duménage. Dans ce cas, on
obtient un ratiomédian de 15.7% pour le
Luxembourg. Là encore, ce chiffre est élevé par
rapport à ce que l’on observe dans les autres pays.
Seules l’Espagne (19.2%), le Portugal (16%), Chypre
(22.5%) ont des ratios qui sont supérieurs au
Luxembourg.
Si l’on se base sur lemontant de la dette exprimée par
rapport à la valeur des actifs ou par rapport au revenu
brut, ce sont lesménages « jeunes », c’est-à-dire les
ménages dont le chef est âgé de 16 à 34 ans, qui
supportent le plus lourd fardeau de la dette. Ce sont
en effet cesménages qui ont le niveau d’endettement
le plus important. Par contre, si l’on se base sur le
service de la dette exprimé par rapport au revenu brut,
ce sont lesménages dont le chef est âgé entre 35 et
44 ans qui ont la valeur la plus élevée (18.7%, contre
17.6% si le chef a entre 16 et 34 ans). Toujours sur la
base du service de la dette par rapport au revenu brut,
on constate que lesménagesmodestes doivent
supporter un fardeau plus lourd que lesménages
aisés. Demême, lesménages composés d’une seule
personne (ménages « isolés ») sont plus chargés que
lesménages de deux personnes ou plus ; et les
ménages propriétaires de leur résidence principale le
sont plus que lesménages locataires.
Tableau 87: Poids de l’endettement sur les finances des ménages (ratios médians -%)
BE DE GR ES FR IT CY LU MT NL AT PT SI
SK FI Total
Dette/Valeur des actifs
18.2 28.4 14.8 17.9 18.9 11.7 17.0 18.2 6.2 41.3 16.7 25.7 3.9 6.6 34.6 21.8
Dette/Revenu brut
79.8 37.3 47.2 113.5 50.4 50.3 157.0 86.9 52.0 194.1 35.6 134.0 26.6 22.7 64.3 62.0
Service de la dette/Revenu brut
13.8 6.7 9.4 19.2 13.1 10.6 22.5 15.7 8.4 12.6 2.9 16.0 11.0 9.0 NA 11.1
Source : Banque Centrale Européenne, EurosystemHousehold Finance and Consumption Survey ; NA= chiffre non disponible