Rapport Travail et Cohésion sociale 2013
Cahier économique 116
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Exprimée en pourcentage de toutes lesmesures en
faveur de l’emploi, la part desmesures destinées aux
jeunes demoins de 30 ans s’est accrue de 18% en
2009 à 29% en 2011, puis est revenu à 27% en 2012
(voir Graphique 245). Par contre, la part des jeunes
en-dessous de 30 ans dans le nombre total des
demandeurs d’emploi a diminué sur lamême période
(de 27.7% en 2009 à 24.6% en 2012). Ainsi, si on
considère le total des deux (chômeurs + bénéficiaires
demesures pour l’emploi), la part des jeunes (< 30
ans) dans le total n’a évolué que peu depuis 2008:
25.7% en 2008 et 2009, 25.9% en 2010, pour
diminuer légèrement jusqu’à atteindre 25.3% en 2012.
Graphique 245: Évolution du pourcentage de
jeunes demoins de 30 ans dans le total des
chômeurs et des bénéficiaires demesures pour
l’emploi, 2008 - 2013
Source : ADEM
15.0
17.0
19.0
21.0
23.0
25.0
27.0
29.0
2008
2009
2010
2011
2012
Part des jeunes <30 ans dans le total des chômeurs (en%)
Part des CAE+CIE dans le total desmesures (en%)
Part des jeunes <30 ans dans le total des chômeurs et des
mesures
6.7 Conclusions
Le but de ce chapitre était de clarifier certains
concepts liés au chômage des jeunes et de présenter
une image plus nuancée du problème du chômage des
jeunes en l’approchant du point de vue de son
importance au niveau de la population entière plutôt
que du point de vue habituel qui est celui dumarché
du travail.
Le chômage des jeunes reste certainement un
problème non négligeable pour la société et surtout
pour les jeunes concernés. Si l’on peut comprendre
que le débat politique et pubic se focalise sur le
chômage des jeunes parce que celui-ci a un impact
particulièrement grave sur le psychisme des jeunes et
sur leur carrière professionnelle ultérieure, l’attention
singulière réservée à cette classe d’âge parmi les
chômeurs ne semble toutefois pas justifiée ni par son
importance numérique ni par son évolution.
Nous avonsmontré qu’auGrand-Duché de
Luxembourg comme dans beaucoup d’autres pays
européens, l’explosion des taux de chômage chez les
jeunes est surtout le reflet d’une prolongation des
études, combinée à unmode de calcul inadapté pour
cette catégorie d’âge.
Le nombre de chômeurs jeunes évolue dans notre pays
aumême rythme conjoncturel que celui des chômeurs
plus âgés, voire à des taux de progression inférieurs.
Les différences importantes constatées entre les taux
de chômage des jeunes en Europe sont dues à l’effet
combiné:
‐
de situations générales au niveau desmarchés
du travail qui sont très différentes d’un pays à
l’autre, le niveau du chômage des jeunes
n’étant pas détaché de celui des autres
catégories d’âge, et
‐
de différences structurelles liées à
l’organisation du système scolaire et le
chevauchement plus oumoins grand entre
celui-ci et lemarché du travail.
Puisque pour les jeunes, la part de la population active
dans la population totale diffère si largement entre
pays, il serait préférable, pour des comparaisons au
niveau international, de ne pas limiter son analyse au
seul
taux
de chômage des jeunes, mais de prendre en
considération également la
proportion
de jeunes au
chômage.