Rapport Travail et Cohésion sociale 2013
Cahier économique 116
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On peut toutefois remarquer en comparant les
graphiques consacrés au Luxembourg et à l’Union
européenne:
‐
que la proportion de jeunes au chômage (par
rapport à l’ensemble de la classe d’âge) est plus
faible auGrand-Duché que dans lamoyenne
européenne (5,0%, contre 9,7% enUE28);
‐
que davantage de jeunes restent plus longtemps
dans le système éducatif sans entrer sur le
marché du travail;
‐
que la part des jeunes qui ne sont ni en
éducation, ni sur lemarché du travail est plus
faible au Luxembourg.
Dans les pays germaniques, les Pays-Bas, le Royaume-
Uni et les pays scandinaves, la structure se présente
par contre demanière tout-à-fait différente.
Dans ces pays, une proportion beaucoup plus
importante des jeunes fait simultanément partie des
sphères de l’éducation et du travail. Cette proportion
est près de 20% auRoyaume-Uni et en Suède,
d’environ 25% enAutriche et enAllemagne, etmême
supérieure à 40% auDanemark et aux Pays-Bas.
À titre d’exemple, leGraphique 233 présente la
structure de la population jeune aux Pays-Bas.
Les jeunes commencent à chercher un emploi à un
âge beaucoup plus précoce, ce qui explique la
proportion élevée de jeunes de 15-18 ans qui sont au
chômage tout en étant à l’école. Demême, le
pourcentage de personnes travaillant tout en étant
scolarisées est très élevé puisque le système éducatif
est organisé demanière à privilégier le travail partiel
en parallèle à l’éducation scolaire, tant au niveau de la
formation professionnelle qu’au niveau des études
supérieures.
La conséquence au niveau statistique est que la
population active des jeunes est beaucoup plus
importante dans ces pays qu’au Luxembourg. Et
comme la population active sert de dénominateur
dans le calcul du taux de chômage, ce dernier est
d’autant plus réduit que la population active est
importante. Ce problème sera étudié plus en détail
dans la section suivante.
La structure de la population des jeunes en Espagne,
enGrèce, au Portugal et en Irlande présente - comme
celle du Luxembourg - des taux relativement faibles
de participation simultanée à l’éducation et au
marché du travail, mais contrairement auGrand-
Duché, la proportion de chômeurs parmi les jeunes qui
sont sortis du système éducatif y est très élevée.
LeGraphique 234 présente, à titre d’illustration de ce
groupe de pays, la situation de laGrèce.
À remarquer qu’à l’âge de 24 ans, seulement 25%
environ des Grecs font encore partie du système
éducatif, alors que ce taux dépasse les 40% au
Luxembourg ou aux Pays-Bas. La proportion de jeunes
au chômage plus élevée enGrèce (tout comme en
Espagne ou encore au Portugal) s’explique donc en
partie par le fait que les jeunes terminent leurs études
plus tôt et se retrouvent sur lemarché du travail
(caractérisé par un taux de chômage général
particulièrement élevé), à un âge plus jeune.
Demême, la proportion de jeunes qui ne sont ni en
éducation ni sur lemarché du travail y est bien plus
importante qu’au Luxembourg.
Graphique 232: Structure de la population des
jeunes en fonction de leur statut vis-à-vis de
l’éducation et dumarché du travail, Luxembourg,
2012
Source : EUROSTAT (EFT)
Graphique 233: Structure de la population des
jeunes en fonction de leur statut vis-à-vis de
l’éducation et dumarché du travail, Pays-Bas,
2012
Source : EUROSTAT (EFT)