Rapport Travail et Cohésion sociale 2013
Cahier économique 116
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de plus en plus de jeunes passent de l’éducation vers
lemarché du travail et deviennent économiquement
actifs, soit en ayant un emploi, soit en étant
demandeur d’emploi.
LeGraphique 231 ci-dessousmontre pour l’Union
européenne (28 pays) le pourcentage de jeunes dans
les différents statuts en fonction de leur âge.
On remarque d’abord que le taux d’activité des jeunes
passe d’environ 5% à l’âge de 15 ans à près de 75% à
l’âge de 24 ans, ce qui rend l’analyse du taux de
chômage des jeunes particulièrement épineuse, étant
donné que ce taux se calcule en divisant le nombre de
chômeurs par la population active uniquement.
Ensuite, on peut remarquer en bas du graphique,
qu’un certain pourcentage de jeunes sont ni dans le
système éducatif ni dans la vie active au sens
économique. Ce pourcentage atteint environ 10% à
l’âge de 24 ans en Europe.
Un autre aspect de la transition entre école et vie
active est le fait qu’un pourcentage non négligeable
se retrouve dans une zone grise combinant les deux:
soit ils sont dans le système éducatif et ont un emploi,
soit, dans unemoindremesure, ils sont dans le
système éducatif et sont des chômeurs.
Ces deux catégories sont considérées comme faisant
partie de la population active, l’importance relative de
ces deux catégories a donc une influence directe sur
le calcul du taux de chômage des jeunes.
Graphique 231: Structure de la population des
jeunes en fonction de leur statut vis-à-vis de
l’éducation et dumarché du travail, UE28, 2012
Source : EUROSTAT (EFT)
Notons que d’après les définitions duBIT utilisées ici,
un élève, apprenti ou étudiant qui travaille demanière
rémunérée aumoins une heure par semaine ou est
activement à la recherche et disponible d’accepter un
tel travail est considéré comme actif.
Il apparaît sur le graphique que la plupart des
chômeurs jeunes ne sont plus dans l’enseignement. En
effet, sur les 5.6millions de jeunes au chômage en
Union européenne, 4.3millions font uniquement
partie de la population active. Toutefois, nonmoins de
1.3millions sont chômeurs et font donc partie de la
population active, tout en étant encore en formation.
Par contre, une part non négligeable de jeunes sont en
éducation et au travail (6.7millions dans l’UE28 en
2012). Il y a donc davantage de jeunes poursuivant
des études et travaillant enmême temps qu’il n’y a de
jeunes au chômage.
La transition entre l’éducation et le travail se fait
selon des schémas divergents dans les différents pays
d’Europe. Les raisons de ces divergences sont
structurelles: il s’agit d’une combinaison de différents
aspects culturels et institutionnels, dont les
principales composantes sont:
‐
une organisation différente de l’apprentissage
professionnel: basée sur une dominante scolaire
ou unmodemixte (« système dual »); existence
de stages de longue durée rémunérés, …;
‐
des différences au niveau des systèmes éducatifs
nationaux: durée de certaines formations, …;
‐
l’importance relative de la formation
professionnelle dans le système éducatif: accent
mis sur la formation professionnelle formelle
(faisant partie du système éducatif) ou la
formation professionnelle non formelle
(continue);
‐
l’existence et le développement d’unmarché du
travail à temps partiel spécifique pour les
étudiants.
Le Luxembourg (voir Graphique 232) a une structure
de la population jeune assez proche de lamoyenne
européenne, avec une proportion de jeunes
simultanément en éducation et sur lemarché du
travail relativement faible (< 10%, contre 14% en
UE28).