Rapport Travail et Cohésion sociale 2013
Cahier économique 116
179
Graphique 225: Distribution relative des salaires
des femmes par rapport aux hommes
Source : Enquête sur la structure des salaires 2010
0
.5
1
1.5
2
Densité relative
0
.2
.4
.6
.8
1
Percentile du salaire deshommes
Il s’avère que les femmes sont nettement
surreprésentées dans le premier décile: on y trouve
deux fois plus de femmes que d’hommes. En revanche,
elles sont sous-représentées dans le dernier décile. Par
conséquent, il n’est donc pas surprenant de constater
que le salairemoyen des femmes est inférieur à celui
des hommes. Comme lamédiane est insensible aux
valeurs extrêmes, ces divergences ne s’y reflètent pas.
Par contre, lamédiane capte bien le fait que les
femmes sont surreprésentées dans les déciles sept,
huit et neuf et sous-représentées dans les déciles
trois, quatre et cinq. Le résultat est un salairemédian
des femmes qui est supérieur à celui des hommes.
5.4.2 Le paradoxe de l’écart salarial
L’écart salarial calculé sur base du salairemoyen n’est
en soi pas très grand. Néanmoins, en ventilant l’écart
salarial par secteur d’activité, des disparités
apparaissent. L’écart salarial varie de -8% dans le
secteur de la construction à 28% dans la branche du
commerce. L’écart négatif, donc un salairemoyen plus
élevé pour les femmes que pour les hommes, est dû au
fait que les hommes occupent des postes d’ouvrier
qualifié ou non qualifié dans le secteur de la
construction, tandis que les femmes sont dans des
occupations à « col blanc » qui sontmieux
rémunérées.
En regardant de plus près, on constate qu’à l’exception
des secteurs de la construction et de la santé et de
l’action sociale et du transport, les écarts salariaux
dépassent partout lamoyenne globale de 5.8%.
Graphique 226: L’écart salarial « moyen » par
secteur d’activité (en%)
Source : Enquête sur la structure des salaires 2010
-10
0
10
20
30
Total
Commerce
Finance
Activités spécialisées
Autres activités de services
Information et communication
Horesca
Services administratidfs et de…
Industrie et énergie
Administration pubique
Enseignement
Transport
Santé et action sociale
Construction
Pour être plus clair, 40% des femmes travaillent dans
des activités où l’écart salarial dépasse les 20%. En
outre, en prenant les écarts salariaux par secteur et en
les agrégeant via unemoyenne arithmétique simple
ou pondérée par le nombre de femmes dans chaque
secteur, on trouve un écart total de 15%,
respectivement de 14%.
L’image devient encore plus nette en ventilant l’écart
calculé sur base du salairemédian par branche
d’activité. L’écart total est négatif (-5%). Or,
seulement deux secteurs ont des écarts de salaire
négatifs: la construction et le transport. Ces deux
secteurs représentent seulement 22% du total des
salariés et 15% des femmes salariées. Or, dans tous
les autres secteurs, les écarts sont positifs et, à une
exception près, largement supérieurs à 10%. En
agrégeant les écarts par secteur via unemoyenne
arithmétique simple ou pondérée par le nombre de
femmes dans chaque secteur, on trouve un écart total
de 14%, respectivement de 13%.
Afin de comprendre la logique de ces résultats
paradoxaux, il faut analyser la répartition des hommes
et des femmes à travers les différents secteurs. Il y a
une ségrégation relativement forte. Il s’avère que 60%
des femmes travaillent dans les six activités qui paient
les salaires les plus élevés: enseignement,
administration pubique, finances et assurances,
activités spécialisées, santé et action sociale et
information et communication. Le salaire horaire
moyen dans l’ensemble de ces branches est de 30.1
euros et le salaire horairemédian de 26.2 euros.