Rapport Travail et Cohésion sociale 2013
Cahier économique 116
170
Graphique 206: Inégalités salariales et emploi à bas salaires en 2010
AT
BE
BG
CY
CZ
DE
DK
EE
ES
FI FR
HU
IE
IT
LT
LU
LV
MTNL
PL
PT
RO
SE
SI
SK
UK
0.00
10.00
20.00
30.00
%destravailleursàbassalaire
2
3
4
5
Ratio p90/p10
AT
BE
BG
CY
CZ
DE
DK
EE
ES
FIFR
HU
IE
IT
LT
LU
LV
MTNL
PL
PT
RO
SE
SI
SK
UK
0.00
10.00
20.00
30.00
%destravailleursàbassalaire
1.2
1.4
1.6
1.8
2
Ratio p50/p10
Cela devient plus clair lorsque la part des travailleurs
à bas salaires est comparée à des indicateurs
d’inégalités plus habituels. L'un de ces indicateurs est
le rapport entre le 90
e
percentile et le 10
e
percentile
de la distribution des salaires. Un ratio plus élevé
correspond à une plus grande distance et donc à plus
d'inégalité. De lamêmemanière, un ratio entre la
médiane et le 10
e
percentile peut être défini pour
mesurer la distance entre lemilieu et le bas de la
distribution.
Dans le panneau de gauche duGraphique 206, la part
des bas salaires est fonction du rapport P90/P10. Il
existe une relation positive très forte entre les deux
indicateurs. Un rapport supérieur P90/P10 correspond
systématiquement à une part plus élevée de
travailleurs à bas salaires. Le coefficient de corrélation
est de 0.86. Dans le panneau de droite, la part des bas
salaires est fonction du rapport p50/p10. La relation
est encore plus forte, tel que documenté par un
coefficient de corrélation de 0.95.
5.1.3 Bas salaires et institutions dumarché du
travail
Les institutions dumarché du travail ont un impact
sur l'incidence de l’emploi à bas salaire. En effet,
l’emploi à bas salaire est déterminé par la puissance
des syndicats, la couverture ainsi que le degré de
coordination et de centralisation des négociations
collectives. La présence d’un salaireminimum ainsi
que le niveau de celui-ci ne sont pas non plus anodins
vis-à-vis de l’emploi à bas salaire. Une autre
pubication du STATEC propose des résultats plus
détaillés à ce sujet
23
.
Des syndicats plus forts sont enmesure de faire jouer
la solidarité entre les différents secteurs économiques.
Les gains de productivité peuvent être redistribués de
secteurs plus productifs vers des secteursmoins
productifs. Par conséquent, une couverture large des
conventions collectives fait en sorte qu'une part
importante des travailleurs est protégée. Cela permet
de réduire la portée des inégalités. Les systèmes de
négociation centralisés et coordonnés permettent
également de redistribuer des gains de productivité et
de renforcer la position des travailleurs ayant un
faible pouvoir de négociation.
L'influence des syndicats peut êtremesurée par le
taux de syndicalisation, qui est défini comme la
proportion de salariés qui sontmembres d'un
syndicat
24
. Les chiffres sur le taux de syndication
proviennent de la base de données ICTWSS
25
.
23
Ries, J. (2013). Patterns of Low-Wage Employment and Related
Indicators in Europe.
Economieet statistiques
, N° 66/2013,
STATEC, Luxembourg.
24
Pour une étude plus détaillée du taux de syndicalisation au
Luxembourg, voir pp.128 – 136 duCahier économiqueN° 112
« Rapport travail et cohésion sociale 2011 ».
25
Jelle Visser (2013). Data Base on Institutional Characteristics of
Trade Unions, Wage Setting, State Intervention and Social Pacts.